Ce cours pour apprendre à raconter au passé 3e te montre comment construire un vrai récit en arabe : poser le décor avec كَانَ suivi de l’inaccompli (notre imparfait), faire surgir un événement avec l’accompli, puis enchaîner les étapes grâce à quatre connecteurs. À la fin, tu sauras écrire un court récit de six à huit phrases.
Découvrir : raconter au passé 3e avec une petite histoire
Lis ce récit d’un souvenir de vacances. Les verbes surlignés en vert décrivent ce qui se passait ; les autres racontent ce qui s’est passé.
فِي العُطْلَةِ المَاضِيَةِ، كُنْتُ أَسْكُنُ عِنْدَ جَدَّتِي فِي قَرْيَةٍ صَغِيرَةٍ. كُلَّ صَبَاحٍ، كُنْتُ أَذْهَبُ مَعَهَا إِلَى السُّوقِ، وَكَانَ أَخِي يَلْعَبُ مَعَ أَصْدِقَائِهِ أَمَامَ البَيْتِ.
فِي يَوْمٍ مِنَ الأَيَّامِ، كُنَّا نَتَنَاوَلُ الغَدَاءَ فِي الحَدِيقَةِ. فَجْأَةً سَمِعْنَا صَوْتًا غَرِيبًا وَرَاءَ الشَّجَرَةِ.
فِي البِدَايَةِ، خِفْنَا قَلِيلًا. ثُمَّ اقْتَرَبَ أَخِي مِنَ الشَّجَرَةِ. بَعْدَ ذٰلِكَ، ضَحِكَ وَقَالَ: «هٰذِهِ قِطَّةٌ صَغِيرَةٌ!» وَفِي النِّهَايَةِ، أَعْطَيْنَاهَا قَلِيلًا مِنَ الحَلِيبِ.
Traduction : Pendant les dernières vacances, j’habitais chez ma grand-mère dans un petit village. Chaque matin, j’allais avec elle au marché, et mon frère jouait avec ses amis devant la maison. Un jour, nous déjeunions dans le jardin. Soudain, nous avons entendu un bruit étrange derrière l’arbre. Au début, nous avons eu un peu peur. Puis mon frère s’est approché de l’arbre. Ensuite, il a ri et a dit : « C’est un petit chat ! » Et à la fin, nous lui avons donné un peu de lait.
Deux sortes de verbes se partagent ce texte. Les premiers forment le décor et les habitudes : ils sont faits de deux mots, كَانَ conjugué puis un inaccompli. Les seconds racontent des actions ponctuelles, qui arrivent une fois : سَمِعْنَا samiʿnā (« nous avons entendu »), ضَحِكَ ḍaḥika (« il a ri »). C’est exactement l’opposition française entre imparfait et passé composé.

Le décor et l’habitude : كَانَ suivi de l’inaccompli
Règle
Pour dire ce qui était en train de se passer ou ce qui se passait souvent dans le passé, on place كَانَ conjugué à l’accompli devant un verbe à l’inaccompli indicatif. Les deux verbes sont à la même personne : كُنْتُ أَلْعَبُ kuntu ʾalʿabu (« je jouais »), كَانَتْ تَلْعَبُ kānat talʿabu (« elle jouait »).
Voici la conjugaison complète avec le verbe لَعِبَ laʿiba (« jouer ») :
| Pronom | كَانَ + inaccompli | Prononciation | Traduction |
|---|---|---|---|
| أَنَا | كُنْتُ أَلْعَبُ | kuntu ʾalʿabu | je jouais |
| أَنْتَ | كُنْتَ تَلْعَبُ | kunta talʿabu | tu jouais (garçon) |
| أَنْتِ | كُنْتِ تَلْعَبِينَ | kunti talʿabīna | tu jouais (fille) |
| هُوَ | كَانَ يَلْعَبُ | kāna yalʿabu | il jouait |
| هِيَ | كَانَتْ تَلْعَبُ | kānat talʿabu | elle jouait |
| نَحْنُ | كُنَّا نَلْعَبُ | kunnā nalʿabu | nous jouions |
| أَنْتُمْ | كُنْتُمْ تَلْعَبُونَ | kuntum talʿabūna | vous jouiez |
| هُمْ | كَانُوا يَلْعَبُونَ | kānū yalʿabūna | ils jouaient |
Observe : aux personnes je, tu, nous, vous, كَانَ perd son alif long et devient كُنْ (kun-), car le verbe est « concave ». Aux 3es personnes (il, elle, ils), l’alif reste : كَانَ, كَانَتْ, كَانُوا.
Exemple
كَانَ جَدِّي يَحْكِي لَنَا قِصَصًا كُلَّ مَسَاءٍ. kāna jaddī yaḥkī lanā qiṣaṣan kulla masāʾin : « Mon grand-père nous racontait des histoires chaque soir. » (habitude)
كُنَّا نُشَاهِدُ فِيلْمًا. kunnā nushāhidu fīlman : « Nous regardions un film. » (action en cours)

L’événement : l’accompli et le mot فَجْأَةً
Quand une action arrive une seule fois, à un moment précis, on emploie l’accompli seul, sans كَانَ. Le mot فَجْأَةً fajʾatan (« soudain ») annonce souvent cet événement qui interrompt le décor.
Exemple
كُنْتُ أَقْرَأُ، فَجْأَةً رَنَّ الهَاتِفُ. kuntu ʾaqraʾu, fajʾatan ranna l-hātifu : « Je lisais ; soudain, le téléphone a sonné. »
كُنَّا نَمْشِي فِي الشَّارِعِ، فَجْأَةً سَمِعْنَا صَوْتًا. kunnā namshī fī sh-shāriʿi, fajʾatan samiʿnā ṣawtan : « Nous marchions dans la rue ; soudain, nous avons entendu un bruit. »
Définition
Le décor d’un récit, ce sont les circonstances : le temps qu’il faisait, ce que faisaient les personnages, leurs habitudes. L’événement, c’est ce qui fait avancer l’histoire. Pour décrire un état, on peut aussi employer كَانَ avec un adjectif à l’accusatif : كَانَ الجَوُّ جَمِيلًا kāna l-jawwu jamīlan (« il faisait beau »).
Organiser le récit : les connecteurs de temps
Un récit clair suit des étapes. En arabe, quatre connecteurs les annoncent : فِي البِدَايَةِ, ثُمَّ, بَعْدَ ذٰلِكَ et وَفِي النِّهَايَةِ. Ils se placent en tête de phrase, souvent suivis d’une virgule arabe (،). Voici le vocabulaire utile du chapitre :
| Arabe | Prononciation | Français |
|---|---|---|
| فِي البِدَايَةِ | fī l-bidāyati | au début |
| ثُمَّ | thumma | puis |
| بَعْدَ ذٰلِكَ | baʿda dhālika | ensuite, après cela |
| وَفِي النِّهَايَةِ | wa-fī n-nihāyati | et à la fin, finalement |
| فَجْأَةً | fajʾatan | soudain, tout à coup |
| فِي يَوْمٍ مِنَ الأَيَّامِ | fī yawmin mina l-ʾayyāmi | un jour |
| كُلَّ يَوْمٍ | kulla yawmin | chaque jour |
| فِي طُفُولَتِي | fī ṭufūlatī | dans mon enfance |
| العُطْلَةُ المَاضِيَةُ | al-ʿuṭlatu l-māḍiyatu | les vacances dernières |
| أَمْسِ | ʾamsi | hier |
| صَوْتٌ | ṣawtun | un bruit, une voix |
| ذِكْرَى | dhikrā | un souvenir |
Attention
- Les deux verbes s’accordent avec le même sujet : on écrit كُنْتُ أَلْعَبُ et jamais « كُنْتُ يَلْعَبُ ».
- Quand le sujet est un nom pluriel placé entre les deux verbes, كَانَ reste au singulier (le verbe est devant le sujet), mais l’inaccompli, placé après, se met au pluriel : كَانَ الأَطْفَالُ يَلْعَبُونَ kāna l-ʾaṭfālu yalʿabūna (« les enfants jouaient »).
- Ne mets pas كَانَ devant un événement soudain : après فَجْأَةً, l’accompli suffit.
Écrire un court récit au passé
Méthode
- Pose le décor en une ou deux phrases avec كَانَ + inaccompli : où étais-tu, que faisais-tu, quel temps faisait-il ?
- Introduis l’événement avec فَجْأَةً et un verbe à l’accompli.
- Enchaîne la suite avec فِي البِدَايَةِ, ثُمَّ et بَعْدَ ذٰلِكَ, toujours à l’accompli.
- Termine par وَفِي النِّهَايَةِ et une phrase de conclusion (comment l’histoire finit, ce que tu as ressenti).
- Relis : chaque كَانَ est-il suivi d’un inaccompli à la même personne ?
Exemple de récit court, construit avec cette méthode :
كَانَ الجَوُّ حَارًّا، وَكُنَّا نَسْبَحُ فِي البَحْرِ. فَجْأَةً رَأَيْنَا دُلْفِينًا قَرِيبًا مِنَّا. فِي البِدَايَةِ، صَرَخْنَا مِنَ الدَّهْشَةِ. ثُمَّ سَبَحَ الدُّلْفِينُ حَوْلَنَا. بَعْدَ ذٰلِكَ، رَجَعَ إِلَى البَحْرِ البَعِيدِ. وَفِي النِّهَايَةِ، كَتَبْنَا هٰذِهِ الذِّكْرَى فِي دَفْتَرِ العُطْلَةِ.
Traduction : Il faisait chaud et nous nagions dans la mer. Soudain, nous avons vu un dauphin près de nous. Au début, nous avons crié de surprise. Puis le dauphin a nagé autour de nous. Ensuite, il est reparti vers le large. Et à la fin, nous avons écrit ce souvenir dans le cahier de vacances.
À retenir
- كَانَ conjugué + inaccompli = imparfait (décor, action en cours, habitude) : كُنْتُ أَلْعَبُ kuntu ʾalʿabu (« je jouais »).
- Accompli seul = événement ponctuel : فَجْأَةً سَمِعْنَا fajʾatan samiʿnā (« soudain, nous avons entendu »).
- Les deux verbes sont à la même personne ; كَانَ devient كُنْ avec je, tu, nous, vous.
- Quatre étapes : فِي البِدَايَةِ, ثُمَّ, بَعْدَ ذٰلِكَ, وَفِي النِّهَايَةِ.


