Le masdar arabe 3e est le nom qui désigne une action : lecture, écriture, sortie, silence… Il correspond souvent à notre infinitif français (« lire », « partir ») et te permet de dire ce que tu aimes, ce que tu veux ou ce qui est utile, sans conjuguer de deuxième verbe. Ce cours t’apprend à le reconnaître, à le former et à l’employer.
Découvrir le masdar arabe 3e : un nom pour une action
Lis ce court texte. Les mots surlignés ne sont pas des verbes : ce sont des noms qui désignent des actions.
تُحِبُّ سَلْمَى القِرَاءَةَ كَثِيرًا. بَعْدَ الدِّرَاسَةِ، تَذْهَبُ إِلَى مَكْتَبَةِ الحَيِّ.
قِرَاءَةُ القِصَصِ تُعْجِبُهَا، لَكِنَّهَا تُفَضِّلُ كِتَابَةَ الشِّعْرِ.
فِي الصَّيْفِ، تُحِبُّ السِّبَاحَةَ فِي البَحْرِ، وَتُرِيدُ دِرَاسَةَ الطِّبِّ فِي المُسْتَقْبَلِ.
Traduction : Salma aime beaucoup la lecture (lire). Après les cours (l’étude), elle va à la bibliothèque du quartier. Lire des histoires lui plaît, mais elle préfère écrire de la poésie. En été, elle aime nager dans la mer, et elle veut étudier la médecine plus tard.
Tu remarques que القِرَاءَةُ vient du verbe قَرَأَ (« il a lu »), que الدِّرَاسَةُ vient de دَرَسَ (« il a étudié ») et que السِّبَاحَةُ vient de سَبَحَ (« il a nagé »). Ces mots gardent les trois lettres de la racine, mais ils se comportent comme des noms : ils prennent l’article, le tanwin et les marques de cas.
Définition
Le masdar (المَصْدَرُ, littéralement « la source ») est le nom d’action formé sur la racine d’un verbe. Il nomme l’action sans indiquer qui la fait ni quand : الكِتَابَةُ = « l’écriture, le fait d’écrire ». Les grammairiens arabes le considèrent comme la source dont dérivent les autres formes.

Former le masdar : les schèmes à connaître
Pour les verbes simples à trois lettres, le masdar n’est pas prévisible : chaque verbe a le sien, et le dictionnaire l’indique toujours après le verbe. Heureusement, quelques schèmes reviennent très souvent. Le tableau suivant réunit les masdars les plus utiles en 3e.
| Verbe (accompli) | Masdar | Français |
|---|---|---|
| دَرَسَ | دِرَاسَةٌ | étudier, l’étude |
| كَتَبَ | كِتَابَةٌ | écrire, l’écriture |
| قَرَأَ | قِرَاءَةٌ | lire, la lecture |
| سَبَحَ | سِبَاحَةٌ | nager, la natation |
| زَارَ | زِيَارَةٌ | rendre visite, la visite |
| سَكَتَ | سُكُوتٌ | se taire, le silence |
| خَرَجَ | خُرُوجٌ | sortir, la sortie |
| دَخَلَ | دُخُولٌ | entrer, l’entrée |
| جَلَسَ | جُلُوسٌ | s’asseoir, le fait d’être assis |
| ذَهَبَ | ذَهَابٌ | aller, partir, le départ |
| فَهِمَ | فَهْمٌ | comprendre, la compréhension |
| أَكَلَ | أَكْلٌ | manger, le fait de manger |
| رَسَمَ | رَسْمٌ | dessiner, le dessin |
| عَمِلَ | عَمَلٌ | travailler, le travail |
| لَعِبَ | لَعِبٌ | jouer, le jeu |
| نَامَ | نَوْمٌ | dormir, le sommeil |

Règle
Pour un verbe simple, on apprend le masdar avec le verbe : دَخَلَ – دُخُولٌ, قَرَأَ – قِرَاءَةٌ. Pour les verbes « augmentés » (avec des lettres ajoutées), le masdar est régulier : تَعَلَّمَ donne تَعَلُّمٌ (l’apprentissage), سَاعَدَ donne مُسَاعَدَةٌ (l’aide). Tu étudieras ces formes plus en détail au lycée.
Employer le masdar comme un infinitif
En français, on met un infinitif après « aimer », « vouloir », « préférer ». L’arabe n’a pas d’infinitif : il utilise le masdar, souvent défini par l’article et à l’accusatif, car il est complément d’objet.
أُحِبُّ القِرَاءَةَ.
« J’aime lire » (mot à mot : j’aime la lecture). Autres exemples : تُفَضِّلُ لَيْلَى الرَّسْمَ (« Leïla préfère dessiner »), يَكْرَهُ أَخِي السُّكُوتَ (« Mon frère déteste se taire »).
Règle
Après un verbe de volonté ou de goût, deux constructions ont le même sens :
- verbe + masdar : أُرِيدُ الذَّهَابَ ;
- verbe + أَنْ + inaccompli au subjonctif : أُرِيدُ أَنْ أَذْهَبَ.
Les deux signifient « Je veux partir ». La construction avec أَنْ précise la personne : يُرِيدُ أَنْ يَذْهَبَ (« il veut partir »).

Le masdar peut aussi être sujet de la phrase : السِّبَاحَةُ رِيَاضَةٌ مُمْتِعَةٌ (« La natation est un sport agréable ») ou suivre une préposition : بَعْدَ الدِّرَاسَةِ (« après les cours »), قَبْلَ النَّوْمِ (« avant de dormir »). Ici, le français emploie un infinitif là où l’arabe garde un nom au génitif.
Masdar + complément : l’annexion
Quand l’action a un objet (lire des livres, écrire des lettres), on place le complément juste après le masdar, au génitif : c’est une annexion (إِضَافَةٌ).
قِرَاءَةُ الكُتُبِ مُفِيدَةٌ.
« Lire des livres est utile. » D’autres exemples : كِتَابَةُ الرَّسَائِلِ (écrire des lettres), زِيَارَةُ المَتَاحِفِ (la visite des musées), تَعَلُّمُ اللُّغَاتِ (l’apprentissage des langues), أُحِبُّ مُشَاهَدَةَ الأَفْلَامِ (j’aime regarder des films).
Attention
Dans l’annexion, le masdar perd l’article et le tanwin : on écrit قِرَاءَةُ الكُتُبِ, jamais *القِرَاءَةُ الكُتُبِ. Autre piège : ne traduis pas « J’aime lire » par deux verbes conjugués collés (*أُحِبُّ أَقْرَأُ) ; il faut le masdar (أُحِبُّ القِرَاءَةَ) ou أَنْ (أُحِبُّ أَنْ أَقْرَأَ).
Culture
Dans les dictionnaires arabes classés par racine, l’article d’un verbe donne toujours son masdar : c’est la première chose qu’un lecteur cherche après le verbe. Les grammairiens de Bassora et de Koufa, au VIIIe siècle, débattaient déjà pour savoir si le verbe venait du masdar ou l’inverse !
À retenir sur le masdar
À retenir
- Le masdar est un nom d’action : كَتَبَ → كِتَابَةٌ.
- Pour les verbes simples, il s’apprend par cœur avec le verbe ; quelques schèmes reviennent souvent : فِعَالَةٌ, فُعُولٌ, فَعْلٌ.
- Il traduit souvent l’infinitif français : أُحِبُّ القِرَاءَةَ = j’aime lire.
- أُرِيدُ الذَّهَابَ = أُرِيدُ أَنْ أَذْهَبَ.
- Avec un complément, il forme une annexion sans article : قِرَاءَةُ الكُتُبِ.
Pour aller plus loin
- Exercices sur le masdar pour t’entraîner pas à pas.
- QCM sur le masdar pour vérifier tes acquis.
- Cours sur le subjonctif pour bien construire أَنْ + verbe.


