De Beyrouth à Alep, en passant par Damas et Palmyre, ce cours Liban et Syrie en arabe 3e te fait découvrir deux pays voisins du Levant, بِلَادُ الشَّامِ Bilād ash-Shām. Tu y apprendras le vocabulaire des villes, des paysages et du patrimoine, tu liras un texte d’arabe authentique et tu sauras présenter ces pays en quelques phrases.
Liban et Syrie en arabe 3e : situer le Levant
Le Liban, لُبْنَانُ, et la Syrie, سُورِيَا, se trouvent à l’est de la Méditerranée. Le Liban est un petit pays de montagnes et de côtes ; la Syrie, beaucoup plus vaste, va de la mer jusqu’aux steppes et au fleuve Euphrate, نَهْرُ الفُرَاتِ. Ensemble, avec leurs voisins, ils forment ce que les géographes arabes appellent depuis des siècles بِلَادُ الشَّامِ, le Levant.

Définition
بِلَادُ الشَّامِ (le Levant) désigne une région historique et géographique de la Méditerranée orientale. Le mot الشَّامُ seul sert aussi, dans la langue courante, à nommer la ville de Damas : سَافَرْتُ إِلَى الشَّامِ peut vouloir dire « je suis allé à Damas ».
Trois villes : Beyrouth, Damas et Alep
Chaque ville a son caractère. بَيْرُوتُ est une capitale tournée vers la mer : son port, ses universités et ses maisons d’édition en font un grand centre culturel. دِمَشْقُ est l’une des plus anciennes villes habitées sans interruption : on y flâne dans la vieille ville, entre les souks et les maisons à cour intérieure plantée de jasmin. حَلَبُ, au nord, était une étape majeure des routes commerciales ; on la reconnaît à sa citadelle, القَلْعَةُ, et à son savon à l’huile d’olive et au laurier, صَابُونُ حَلَبَ.
| Arabe | Français |
|---|---|
| عَاصِمَةٌ | capitale |
| مَدِينَةٌ سَاحِلِيَّةٌ | ville côtière |
| مِينَاءٌ | port |
| قَلْعَةٌ | citadelle, forteresse |
| سُوقٌ مَسْقُوفَةٌ | souk couvert |
| جَبَلٌ ج جِبَالٌ | montagne(s) |
| البَادِيَةُ | la steppe, le désert de pâturages |
| آثَارٌ | vestiges, site archéologique |
| عَمُودٌ ج أَعْمِدَةٌ | colonne(s) |
| تُرَاثٌ | patrimoine |
| اليَاسَمِينُ | le jasmin |
| مُغَنِّيَةٌ | chanteuse |
| هِجْرَةٌ | émigration |
| جَالِيَةٌ | communauté installée à l’étranger |
| تَنَوُّعٌ | diversité |
Règle
Les noms de villes comme بَيْرُوتُ, دِمَشْقُ, حَلَبُ ou تَدْمُرُ sont diptotes (مَمْنُوعٌ مِنَ الصَّرْفِ) : ils ne prennent jamais de tanwīn, et après une préposition ils se terminent par une fatḥa, pas par une kasra : فِي دِمَشْقَ, مِنْ حَلَبَ, إِلَى بَيْرُوتَ. Il en va de même pour لُبْنَانُ : عَاصِمَةُ لُبْنَانَ.
Pour dire d’où vient quelqu’un, on forme l’adjectif de relation (nisba) avec ـِيٌّ au masculin et ـِيَّةٌ au féminin :
| Lieu | Masculin | Féminin | Sens |
|---|---|---|---|
| لُبْنَانُ | لُبْنَانِيٌّ | لُبْنَانِيَّةٌ | libanais(e) |
| سُورِيَا | سُورِيٌّ | سُورِيَّةٌ | syrien(ne) |
| بَيْرُوتُ | بَيْرُوتِيٌّ | بَيْرُوتِيَّةٌ | beyrouthin(e) |
| دِمَشْقُ | دِمَشْقِيٌّ | دِمَشْقِيَّةٌ | damascène |
| حَلَبُ | حَلَبِيٌّ | حَلَبِيَّةٌ | aleppin(e) |
Le cèdre et Palmyre : deux symboles
Le cèdre, الأَرْزُ, est l’emblème du Liban. Cet arbre aux branches étagées pousse en altitude et peut vivre plus de mille ans ; les cèdres millénaires de la montagne libanaise sont protégés et inscrits au patrimoine mondial. En Syrie, au cœur de la steppe, le site de Palmyre, تَدْمُرُ Tadmur, était une oasis où s’arrêtaient les caravanes entre la Méditerranée et la Mésopotamie. Ses longues colonnades, الأَعْمِدَةُ, témoignent d’une ville riche et ouverte, où se croisaient plusieurs langues et plusieurs cultures.

Attention
Ne confonds pas الأَرْزُ (al-arz, le cèdre) et الأَرُزُّ (al-aruzz, le riz) : seules la vocalisation et la chadda les distinguent. De même, la Syrie s’écrit سُورِيَا ou سُورِيَّةُ selon les pays et les journaux : les deux graphies sont correctes. Enfin, n’ajoute jamais de tanwīn à un nom de ville : دِمَشْقٌ est une faute.
Fairouz et la chanson levantine
Impossible de parler du Levant sans parler de musique. La chanteuse libanaise Fairouz, فَيْرُوزُ Fayrūz, née en 1934, est l’une des voix les plus célèbres du monde arabe. Avec les frères Rahbani, الأَخَوَانِ رَحْبَانِي al-Akhawān Raḥbānī, elle a créé des chansons sur les villages, la montagne, l’amour et les villes. Dans beaucoup de pays arabes, on dit qu’on « écoute Fairouz le matin », avec le café. Alep, de son côté, est célèbre pour ses chants traditionnels, les القُدُودُ الحَلَبِيَّةُ al-qudūd al-ḥalabiyya, que des interprètes comme Sabah Fakhri, صَبَاح فَخْرِي, ont fait connaître dans tout le monde arabe.
Culture
Le Liban et la Syrie partagent aussi une cuisine : le taboulé, التَّبُّولَةُ, le houmous, الحُمُّصُ, ou les mezzés, المَازَةُ, petits plats servis ensemble au début du repas. Les dialectes des deux pays, dits « levantins », sont proches l’un de l’autre ; en classe, on apprend l’arabe standard, compris partout.
Une société plurielle et une grande diaspora
Le Liban et la Syrie se distinguent par leur diversité, التَّنَوُّعُ : on y trouve des communautés de traditions religieuses différentes, et l’on y entend l’arabe mais aussi le français, l’anglais, l’arménien ou le kurde. Depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux Libanais et Syriens ont émigré, هَاجَرُوا, vers l’Amérique du Sud (Brésil, Argentine, Mexique), l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique du Nord, l’Australie ou la France. Ces communautés à l’étranger s’appellent الجَالِيَاتُ : on parle par exemple de الجَالِيَةُ اللُّبْنَانِيَّةُ فِي البَرَازِيلِ. Beaucoup gardent un lien fort avec leur pays d’origine, sa cuisine et sa musique.
Lire un texte : le Levant en quelques lignes
Lis ce texte à voix haute, puis vérifie ta compréhension avec la traduction.
يَقَعُ لُبْنَانُ وَسُورِيَا عَلَى الشَّاطِئِ الشَّرْقِيِّ لِلْبَحْرِ الأَبْيَضِ المُتَوَسِّطِ، فِي مِنْطَقَةٍ تُسَمَّى «بِلَادَ الشَّامِ». عَاصِمَةُ لُبْنَانَ بَيْرُوتُ، وَهِيَ مَدِينَةٌ سَاحِلِيَّةٌ نَشِيطَةٌ فِيهَا مِينَاءٌ كَبِيرٌ وَجَامِعَاتٌ كَثِيرَةٌ. وَعَاصِمَةُ سُورِيَا دِمَشْقُ، وَهِيَ مِنْ أَقْدَمِ المُدُنِ المَأْهُولَةِ فِي العَالَمِ، وَيُسَمِّيهَا النَّاسُ «مَدِينَةَ اليَاسَمِينِ».
فِي شَمَالِ سُورِيَا تَقَعُ حَلَبُ، وَهِيَ مَدِينَةٌ تِجَارِيَّةٌ قَدِيمَةٌ تَشْتَهِرُ بِقَلْعَتِهَا الكَبِيرَةِ وَأَسْوَاقِهَا المَسْقُوفَةِ وَصَابُونِهَا المَعْرُوفِ فِي العَالَمِ كُلِّهِ. وَفِي وَسَطِ البَادِيَةِ تَقُومُ آثَارُ تَدْمُرَ: أَعْمِدَةٌ طَوِيلَةٌ وَمَعَابِدُ قَدِيمَةٌ تَرْوِي تَارِيخَ مَدِينَةٍ كَانَتْ مَحَطَّةً لِلْقَوَافِلِ.
أَمَّا رَمْزُ لُبْنَانَ فَهُوَ شَجَرَةُ الأَرْزِ، وَهِيَ شَجَرَةٌ قَوِيَّةٌ تَعِيشُ فِي الجِبَالِ مِئَاتِ السِّنِينَ.
Traduction : Le Liban et la Syrie se trouvent sur la rive orientale de la mer Méditerranée, dans une région appelée « Bilād ash-Shām ». La capitale du Liban est Beyrouth : c’est une ville côtière animée, avec un grand port et de nombreuses universités. La capitale de la Syrie est Damas, l’une des plus anciennes villes habitées du monde ; on l’appelle « la ville du jasmin ». Au nord de la Syrie se trouve Alep, ville commerçante ancienne, célèbre pour sa grande citadelle, ses souks couverts et son savon connu dans le monde entier. Au milieu de la steppe se dressent les vestiges de Palmyre : de hautes colonnes et des temples anciens qui racontent l’histoire d’une ville qui était une étape pour les caravanes. Quant au symbole du Liban, c’est le cèdre, un arbre robuste qui vit des centaines d’années dans les montagnes.
À retenir
- بِلَادُ الشَّامِ : le Levant ; capitales : بَيْرُوتُ (Liban) et دِمَشْقُ (Syrie) ; grande ville du nord : حَلَبُ.
- Symboles : le cèdre الأَرْزُ et le site de Palmyre تَدْمُرُ.
- Culture : Fairouz فَيْرُوزُ et les chants d’Alep.
- Noms de villes diptotes : pas de tanwīn, فِي دِمَشْقَ.
- Nisba : لُبْنَانِيٌّ / لُبْنَانِيَّةٌ, سُورِيٌّ / سُورِيَّةٌ.
- Diaspora : هِجْرَةٌ, جَالِيَةٌ.
Pour aller plus loin
Entraîne-toi avec les exercices sur le Liban et la Syrie, puis teste-toi avec le QCM du chapitre. Pour parler des départs et des exils, poursuis avec le cours sur les voyages et migrations.


