Ce cours de wasla arabe 5e t’apprend à lire une phrase entière sans t’arrêter après chaque mot. Tu vas découvrir l’alif de liaison, les lettres que l’on écrit sans les prononcer et la pause en fin de phrase. Avec ces trois outils, ta lecture devient fluide, comme celle d’un arabophone.
Découvrir : lire mot à mot ou lire couramment ?
En 6e, tu as appris à lire chaque mot séparément. Mais à l’oral, les mots arabes se touchent. Écoute la question مَا اسْمُكَ؟ ma-smuka ? (Comment t’appelles-tu ?). Si tu lis mot à mot, tu dis « mā ismuka ». Un arabophone dit « ma-smuka » : le premier alif de اسْمُكَ disparaît à l’oral et les deux mots se collent.
Ce phénomène s’appelle la liaison. On l’entend surtout devant l’article ال al-. Regarde le schéma : les arcs orange montrent où la voix glisse d’un mot à l’autre.

Comprendre la wasla : l’alif qui ne se prononce pas
Définition
L’alif de liaison s’appelle هَمْزَةُ الوَصْلِ hamzat al-waṣl. C’est un alif sans hamza (ا) placé au début de certains mots. Il sert seulement à commencer le mot quand on parle après un silence. Dans certains livres, on le note ٱ avec un petit signe au-dessus.
Règle
- En début de phrase (après un silence), on prononce l’alif de liaison avec une voyelle : اِسْمِي سَلْمَى ismī salmā (Je m’appelle Salma).
- Au milieu de la phrase, il disparaît : on enchaîne directement avec la voyelle du mot précédent : وَالبِنْتُ wa-l-bintu (et la fille).
- On ne met jamais de hamza sur cet alif : on écrit اسْمٌ et non أَسْمٌ.
Voici les mots les plus fréquents qui commencent par un alif de liaison. Apprends-les : ce sont eux qui créent la liaison.
| Arabe | Prononciation | Français |
|---|---|---|
| اِسْمٌ | ism | un nom, un prénom |
| اِبْنٌ | ibn | un fils |
| اِبْنَةٌ | ibna | une fille (de quelqu’un) |
| اِثْنَانِ | ithnāni | deux |
| اِقْرَأْ | iqraʾ | lis ! |
| اُكْتُبْ | uktub | écris ! |
| اِسْمَعْ | ismaʿ | écoute ! |
| الوَلَدُ | al-waladu | le garçon |
| المَدْرَسَةُ | al-madrasa | l’école |
| الشَّمْسُ | ash-shams | le soleil |
| كَتَبُوا | katabū | ils ont écrit |
| ذَهَبُوا | dhahabū | ils sont allés |
Exemple
- هَذَا ابْنُ سَمِيرٍ hādha-bnu samīr : voici le fils de Samir.
- أَيْنَ القَلَمُ؟ ayna-l-qalamu ? : où est le crayon ?
- يَقُولُ المُعَلِّمُ yaqūlu-l-muʿallimu : le professeur dit.
Les voyelles qui changent pendant la liaison
Quand deux mots se collent, la fin du premier mot peut changer un peu. Deux cas reviennent tout le temps.
Règle
- Une voyelle longue devient brève à l’oral (mais on l’écrit toujours) : فِي البَيْتِ fi-l-bayt (à la maison), إِلَى المَدْرَسَةِ ila-l-madrasa (à l’école).
- Un mot qui finit par un soukoun reçoit une voyelle, en général une kasra : هَلْ devient هَلِ الدَّرْسُ سَهْلٌ؟ hali-d-darsu sahl ? ; مَنْ devient مَنِ الوَلَدُ؟ mani-l-walad ?.
Attention
Le mot مِنْ min (de, depuis) fait exception : devant l’article, il prend une fatha et non une kasra : مِنَ المَدْرَسَةِ mina-l-madrasa. Et ne confonds pas l’alif de liaison avec la hamza ordinaire : dans أَنَا anā ou أَبٌ ab, la hamza se prononce toujours, même au milieu de la phrase.
Les lettres écrites mais muettes
L’arabe s’écrit presque comme il se prononce. Pourtant, quelques lettres sont écrites sans être prononcées.
- L’alif du pluriel verbal : après le ـُوا des verbes au pluriel, on ajoute un alif muet. On l’appelle الأَلِفُ الفَارِقَةُ al-alif al-fāriqa (l’alif qui sépare). Exemples : كَتَبُوا katabū, ذَهَبُوا dhahabū, جَلَسُوا jalasū.
- Le lām de l’article devant une lettre solaire : الشَّمْسُ ash-shams, الدَّرْسُ ad-dars. Le lām est écrit, mais la lettre suivante est doublée (chadda).
- L’alif de مِائَةٌ miʾa (cent) : il ne se prononce pas.

La pause : s’arrêter à la fin d’une phrase
Définition
La pause se dit الوَقْفُ al-waqf. Quand tu t’arrêtes (fin de phrase, virgule, fin de réponse), tu ne prononces pas la dernière voyelle brève ni le tanwin.
- كِتَابٌ kitābun devient « kitāb » à la pause.
- La ta marbouta se prononce « a » ou « ah » : مَدْرَسَةٌ madrasatun devient « madrasa(h) ».
- Le tanwin -an devient un « ā » long : شُكْرًا shukran devient « shukrā », أَهْلًا ahlan devient « ahlā ».

Bilan wasla arabe 5e : lire une phrase entière
Méthode
- Repère les alifs sans hamza au début des mots.
- Relie ces mots au mot précédent, sans t’arrêter.
- Raccourcis la voyelle longue ou ajoute la voyelle de liaison si besoin.
- Ne prononce pas les lettres muettes.
- À la fin de la phrase, fais la pause : la dernière voyelle tombe.
Entraîne-toi sur ce petit dialogue entre deux élèves :
– مَا اسْمُكِ؟
– اِسْمِي سَلْمَى، وَأَنَا ابْنَةُ المُعَلِّمِ.
– هَلِ المَدْرَسَةُ بَعِيدَةٌ؟
– لَا، المَدْرَسَةُ قَرِيبَةٌ مِنَ البَيْتِ.
Prononciation : « ma-smuki ? » — « ismī salmā, wa-ana-bnatu-l-muʿallim. » — « hali-l-madrasatu baʿīda ? » — « lā, al-madrasatu qarībatun mina-l-bayt. » Remarque : après « lā » et la virgule, on fait une petite pause, donc on prononce de nouveau le « a » de l’article.
Traduction : – Comment t’appelles-tu ? – Je m’appelle Salma, et je suis la fille du professeur. – L’école est-elle loin ? – Non, l’école est près de la maison.
À retenir
- L’alif de liaison (هَمْزَةُ الوَصْلِ) est un alif sans hamza : prononcé en début de phrase, muet au milieu.
- Pendant la liaison, la voyelle longue devient brève (fi-l-) et le soukoun reçoit une voyelle (hali-l-, mina-l-).
- L’alif de كَتَبُوا, le lām solaire et l’alif de مِائَةٌ sont muets.
- À la pause, la voyelle finale et le tanwin tombent : madrasa(h), kitāb, shukrā.
Pour aller plus loin
- Faire les exercices sur la wasla et les lettres muettes
- Tester tes connaissances avec le QCM
- Revoir l’article et les lettres solaires
- Revoir la hamza et l’alif madda
