Soukoun et chadda 6e : après les voyelles brèves et longues, tu découvres deux petits signes qui changent toute ta lecture. Le soukoun t’indique qu’une lettre ne porte aucune voyelle ; la chadda t’indique qu’une lettre est doublée. Avec eux, tu vas pouvoir lire de vrais mots, comme قَلْبٌ (qalbun) (cœur) ou مُدَرِّسٌ (mudarrisun) (professeur).
Découvrir le soukoun : une lettre sans voyelle
Tu connais déjà les trois voyelles brèves : la fatha (a), la kasra (i) et la damma (u). Mais toutes les lettres d’un mot ne sont pas suivies d’une voyelle. Quand une lettre se prononce « toute seule », sans voyelle, on pose au-dessus d’elle un petit rond : c’est le soukoun, en arabe سُكُونٌ (sukūnun), ce qui veut dire « repos, silence ».
Définition
Le soukoun est un petit cercle (ـْ) placé au-dessus d’une lettre. Il signifie que cette lettre n’a pas de voyelle : on la prononce et on passe directement à la lettre suivante.
Observe le mot قَلْبٌ (qalbun) : le q porte une fatha (qa), le l porte un soukoun (l), puis le b porte la terminaison -un. On lit donc qal-bun, en deux morceaux. De la même façon, بِنْتٌ (bintun) (fille) se lit bin-tun : le n porte le soukoun.

Syllabe ouverte, syllabe fermée
Une syllabe ouverte se termine par une voyelle : بَ (ba), دُ (du), رِ (ri). Une syllabe fermée se termine par une lettre avec soukoun : قَلْ (qal), بِنْ (bin), شَمْ (sham). Le soukoun est donc le signe qui ferme la syllabe. Le mot شَمْسٌ (shamsun) (soleil) se lit sham-sun.
Règle
Un mot arabe ne commence jamais par une lettre avec soukoun : la première lettre porte toujours une voyelle. Le soukoun apparaît au milieu ou à la fin d’une syllabe.
Le soukoun sur un w ou un y après une fatha donne un son glissé, comme dans بَيْتٌ (baytun) (maison) ou يَوْمٌ (yawmun) (jour) : on entend « ay » ou « aw », mais la règle reste la même.
Comprendre la chadda : une lettre doublée
Le deuxième signe ressemble à un petit w posé sur la lettre : c’est la chadda, en arabe شَدَّةٌ (shaddatun), « le renforcement ». Elle t’évite d’écrire deux fois la même lettre.
Définition
La chadda (ـّ) indique qu’une consonne est doublée : on l’écrit une seule fois, mais on la prononce deux fois, en appuyant dessus.
Dans مُدَرِّسٌ (mudarrisun), le r porte une chadda. Cela revient à écrire un premier r avec soukoun, qui ferme la syllabe dar, puis un second r avec kasra, qui ouvre la syllabe ri : mu-dar-ri-sun. Prononce bien les deux r, comme dans le mot italien « terra ».

Règle
Une lettre avec chadda = la même lettre deux fois : la première porte un soukoun, la seconde porte la voyelle. Ainsi رِّ = رْ + رِ.
D’autres mots très courants ont une chadda : أُمٌّ (ʾummun) (mère), جَدٌّ (jaddun) (grand-père), سُكَّرٌ (sukkarun) (sucre), قِطٌّ (qiṭṭun) (chat).
Chadda et voyelle : bien lire chaque syllabe
Une chadda n’est jamais seule : elle est toujours accompagnée d’une voyelle (ou d’une terminaison en -un, -an, -in). La fatha et la damma se placent au-dessus de la chadda ; la kasra se place souvent juste en dessous de la chadda, ou sous la lettre.
| Lettre avec chadda | On lit | Exemple | Sens |
|---|---|---|---|
| بَّ | bba | شَدَّ (shadda) | il a serré |
| لِّ | lli | مُعَلِّمٌ (muʿallimun) | maître, enseignant |
| كَّ | kka | سُكَّرٌ (sukkarun) | sucre |
| مَّ | mma | حَمَّامٌ (ḥammāmun) | salle de bain |
Attention
Oublier la chadda peut changer le sens du mot ! دَرَسَ (darasa) signifie « il a étudié », mais دَرَّسَ (darrasa) signifie « il a enseigné ». De même, حَمَامٌ (ḥamāmun) veut dire « pigeons », alors que حَمَّامٌ (ḥammāmun) veut dire « salle de bain ». Ne confonds pas non plus le soukoun (petit rond) avec la damma (petit waw en forme de virgule).
Lire des mots à syllabes fermées : vocabulaire soukoun et chadda 6e
Voici des mots à lire à voix haute. Repère d’abord les soukouns et les chaddas, découpe en syllabes, puis lis d’une traite.
| Arabe | Prononciation | Français |
|---|---|---|
| قَلْبٌ | qalbun | cœur |
| بِنْتٌ | bintun | fille |
| كَلْبٌ | kalbun | chien |
| شَمْسٌ | shamsun | soleil |
| بَحْرٌ | baḥrun | mer |
| دَرْسٌ | darsun | leçon |
| خُبْزٌ | khubzun | pain |
| مُدَرِّسٌ | mudarrisun | professeur |
| مُعَلِّمٌ | muʿallimun | maître, enseignant |
| أُمٌّ | ʾummun | mère |
| جَدٌّ | jaddun | grand-père |
| سُكَّرٌ | sukkarun | sucre |
| كُرْسِيٌّ | kursiyyun | chaise |
| رَسَّامٌ | rassāmun | peintre |
Méthode
- Repère les voyelles, les soukouns et les chaddas du mot.
- Remplace chaque chadda par deux lettres : la première avec soukoun, la seconde avec voyelle.
- Découpe en syllabes : une syllabe s’arrête après une voyelle (ouverte) ou après un soukoun (fermée).
- Lis chaque syllabe lentement, puis le mot entier d’une seule traite.
Exemple
كُرْسِيٌّ (kursiyyun) : soukoun sur le r, chadda sur le y. Découpage : kur-siy-yun. Ce mot contient donc les deux signes à la fois !
Culture
Dans les journaux et les livres pour adultes, les voyelles, les soukouns et souvent les chaddas ne sont pas écrits : le lecteur expérimenté les devine. Dans les livres pour enfants, les manuels et les dictionnaires, on écrit tout, pour lire sans hésiter. C’est pourquoi, en 6e, tu verras toujours les mots entièrement vocalisés.
À retenir sur le soukoun et la chadda
À retenir
- Le soukoun (petit rond) = la lettre n’a pas de voyelle ; il ferme la syllabe : قَلْبٌ = qal-bun.
- Un mot ne commence jamais par un soukoun.
- La chadda (petit w) = la lettre est doublée : مُدَرِّسٌ = mu-dar-ri-sun.
- Une chadda est toujours accompagnée d’une voyelle.
- Une chadda oubliée peut changer le sens : دَرَسَ / دَرَّسَ.
Pour aller plus loin
- Les exercices sur le soukoun et la chadda
- Le QCM pour vérifier tes connaissances
- Revoir le cours sur les voyelles longues
- Découvrir où la chadda revient avec l’article al-
