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Le complément d’état (al-ḥāl) : cours d’arabe Terminale

Cours d’arabe Terminale : Le complément d’état (al-ḥāl)
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Le complément d’état arabe Terminale, appelé الحَالُ en grammaire arabe, dit dans quel état se trouve une personne ou une chose au moment de l’action : on entre en souriant, on rentre fatigué, on sort en riant. C’est l’outil idéal pour donner vie à un récit, et un point attendu au niveau B2 : tu vas apprendre ses trois formes, son accord et les pièges qui le confondent avec l’adjectif.

Découvrir le complément d’état arabe Terminale dans un récit

Lis ce court récit. Les expressions surlignées ne disent ni quand ni où se passe l’action, mais comment est le personnage pendant qu’elle se déroule. Le texte est vocalisé car il sert d’exemple de leçon ; dans les exercices, les récits seront peu vocalisés.

خَرَجَتْ لَيْلَى مِنَ البَيْتِ مُسْرِعَةً، فَقَدْ تَأَخَّرَتْ عَنْ مَوْعِدِ القِطَارِ. وَصَلَتْ إِلَى المَحَطَّةِ لَاهِثَةً، فَوَجَدَتِ القِطَارَ وَاقِفًا.

صَعِدَتْ وَهِيَ تَبْتَسِمُ، وَجَلَسَتْ قُرْبَ النَّافِذَةِ تَقْرَأُ رِوَايَةً. وَبَعْدَ سَاعَةٍ نَزَلَتْ وَقَدْ نَسِيَتْ تَعَبَهَا.

Traduction : Leïla sortit de la maison en hâte, car elle était en retard pour le départ du train. Elle arriva à la gare essoufflée et trouva le train à l’arrêt. Elle monta en souriant et s’assit près de la fenêtre, lisant un roman. Une heure plus tard, elle descendit, ayant oublié sa fatigue.

Un personnage qui court, à côté du mot arabe signifiant « en se pressant » écrit en grand, et la phrase « l’élève est venu en se pressant » en arabe et en français
Le ḥāl répond à la question « comment ? » : مُسْرِعًا, en se pressant.

Définition et règle du complément d’état arabe Terminale

Définition

الحَالُ est un complément qui décrit l’état de صَاحِبُ الحَالِ (le « possesseur de l’état », c’est-à-dire le sujet ou le complément d’objet) au moment où l’action a lieu. Il répond à la question كَيْفَ؟ (comment ?). On peut toujours le supprimer sans que la phrase devienne fausse : جَاءَ الطَّالِبُ reste une phrase complète.

Règle

Le ḥāl sous forme d’un mot (الحَالُ المُفْرَدَةُ) obéit à quatre conditions :

  1. il est à l’accusatif (مَنْصُوبٌ) : مُسْرِعًا, مُبْتَسِمَةً ;
  2. il est indéfini (نَكِرَةٌ) : pas d’article الـ, d’où le tanwīn ;
  3. son ṣāḥib est en général défini : الطَّالِبُ, لَيْلَى, ou un pronom ;
  4. il s’accorde en genre et en nombre avec son ṣāḥib ; c’est le plus souvent un participe actif (اسْمُ فَاعِلٍ : ضَاحِكٌ), un participe passif (اسْمُ مَفْعُولٍ : مَفْتُوحٌ) ou un adjectif (حَزِينٌ).

Observe l’accord dans le tableau ci-dessous. Le ḥāl prend la marque d’accusatif de chaque forme : fatḥa avec tanwīn au singulier, ـَيْنِ au duel, ـِينَ au masculin pluriel et ـَاتٍ au féminin pluriel.

Ṣāḥib al-ḥāl Phrase Traduction
masculin singulier جَاءَ الطَّالِبُ مُسْرِعًا. L’élève est venu en se pressant.
féminin singulier دَخَلَتِ الطَّالِبَةُ مُبْتَسِمَةً. L’élève est entrée en souriant.
masculin duel رَجَعَ الصَّدِيقَانِ مُتْعَبَيْنِ. Les deux amis sont rentrés fatigués.
féminin duel خَرَجَتِ البِنْتَانِ مُسْرِعَتَيْنِ. Les deux filles sont sorties en hâte.
masculin pluriel حَضَرَ اللَّاعِبُونَ مُسْتَعِدِّينَ. Les joueurs sont venus prêts.
féminin pluriel وَقَفَتِ المُعَلِّمَاتُ صَامِتَاتٍ. Les enseignantes se sont levées en silence.

Le ṣāḥib peut aussi être le complément d’objet : dans وَجَدَتِ القِطَارَ وَاقِفًا (elle trouva le train à l’arrêt), c’est le train qui est à l’arrêt, pas Leïla. Le sens et l’accord permettent de savoir à qui se rapporte le ḥāl.

La phrase d’état (الجُمْلَةُ الحَالِيَّةُ)

Le ḥāl peut aussi être une phrase entière, الحَالُ الجُمْلَةُ. Elle contient obligatoirement un lien (رَابِطٌ) avec le ṣāḥib : un pronom, le wāw du ḥāl (وَاوُ الحَالِ), ou les deux.

  • Phrase verbale à l’inaccompli, sans wāw : خَرَجَ الوَلَدُ يَضْحَكُ. (Le garçon est sorti en riant.) Le pronom contenu dans يَضْحَكُ sert de lien.
  • Phrase nominale introduite par le wāw du ḥāl : خَرَجَ الوَلَدُ وَهُوَ يَضْحَكُ. (Le garçon est sorti en riant.) Avec un autre sujet : خَرَجْتُ وَالشَّمْسُ طَالِعَةٌ. (Je suis sorti alors que le soleil se levait.)
  • Action déjà achevée : وَ + قَدْ + accompli : عَادَ وَقَدْ غَرَبَتِ الشَّمْسُ. (Il est revenu alors que le soleil s’était couché.)
Schéma : la phrase arabe « le garçon est sorti » reliée à trois cases montrant le ḥāl sous forme d’un mot, d’une phrase verbale et d’une phrase nominale
Trois tournures pour un même sens : ضَاحِكًا, يَضْحَكُ, وَهُوَ يَضْحَكُ.

Règle

Le wāw du ḥāl ne se place jamais directement devant un verbe à l’inaccompli affirmatif. On écrit خَرَجَ يَضْحَكُ ou خَرَجَ وَهُوَ يَضْحَكُ, mais pas « خَرَجَ وَيَضْحَكُ » au sens de « il sortit en riant » : avec ce wāw, la phrase voudrait dire « il sortit et il rit », deux actions successives.

Les pièges : ḥāl ou adjectif ?

Attention

L’adjectif (النَّعْتُ) suit son nom en tout : définition, cas, genre et nombre. Le ḥāl, lui, reste indéfini et à l’accusatif après un nom défini.

  • رَأَيْتُ الطِّفْلَ البَاكِيَ. Adjectif : « J’ai vu l’enfant qui pleurait » (on désigne quel enfant).
  • رَأَيْتُ الطِّفْلَ بَاكِيًا. Ḥāl : « J’ai vu l’enfant en train de pleurer » (on dit dans quel état il était).
  • سَمِعْتُ صَوْتًا جَمِيلًا. Adjectif : après un nom indéfini, le mot indéfini qui suit est un adjectif.

Deux autres pièges d’écriture : au féminin singulier, le tanwīn de l’accusatif ne prend pas d’alif (مُبْتَسِمَةً et non « مُبْتَسِمَةًا ») ; au féminin pluriel, l’accusatif se marque par une kasra : صَامِتَاتٍ, jamais « صَامِتَاتًا ».

Décrire la manière dans un récit

Dans une narration, le ḥāl évite les longues relatives et rend le texte vivant. Voici des mots très utiles, donnés directement à la forme du ḥāl (masculin singulier) ; pense à les accorder.

Arabe (forme du ḥāl) Français
مُسْرِعًا en se pressant, vite
مُبْتَسِمًا en souriant
ضَاحِكًا en riant
بَاكِيًا en pleurant
غَاضِبًا en colère
هَادِئًا calmement, calme
مُتْعَبًا fatigué
فَرِحًا joyeux, heureux
حَزِينًا triste
وَحِيدًا seul
صَامِتًا en silence
مُتَرَدِّدًا en hésitant
مَاشِيًا à pied
خَائِفًا apeuré, inquiet
مُطْمَئِنًّا rassuré, serein

Méthode

  1. Écris d’abord l’action : دَخَلَتِ المُدِيرَةُ (la directrice est entrée).
  2. Pose-toi la question كَيْفَ؟ et choisis un état : souriante.
  3. Accorde puis mets à l’accusatif indéfini : دَخَلَتِ المُدِيرَةُ مُبْتَسِمَةً.
  4. Pour varier, transforme un ḥāl sur deux en phrase d’état : دَخَلَتِ المُدِيرَةُ وَهِيَ تَبْتَسِمُ.

Exemple

عَادَ المُسَافِرُونَ مُتْعَبِينَ، لٰكِنَّهُمْ دَخَلُوا البَيْتَ وَهُمْ يَضْحَكُونَ.

Les voyageurs sont rentrés fatigués, mais ils sont entrés dans la maison en riant.

تَرَكْتُ النَّافِذَةَ مَفْتُوحَةً.

J’ai laissé la fenêtre ouverte (ḥāl du complément d’objet).

À retenir

  • الحَالُ décrit l’état du sujet ou de l’objet pendant l’action et répond à كَيْفَ؟.
  • Le ḥāl simple est un nom indéfini à l’accusatif, accordé avec son ṣāḥib défini : دَخَلَتِ الطَّالِبَةُ مُبْتَسِمَةً.
  • Accusatif : ـًا / ـَةً au singulier, ـَيْنِ au duel, ـِينَ au masculin pluriel, ـَاتٍ au féminin pluriel.
  • Phrase d’état : يَضْحَكُ sans wāw, ou وَهُوَ يَضْحَكُ avec wāw ; pour une action achevée, وَقَدْ + accompli.
  • Après un nom défini, adjectif défini = qualification ; nom indéfini à l’accusatif = ḥāl.

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur le complément d’état, puis teste-toi avec le QCM sur le ḥāl. Comme le ḥāl est très souvent un participe, revois aussi le cours masdars et participes dérivés, et le cours la particule qad pour la tournure وَقَدْ + accompli.

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