Aller au contenu

Égypte et Liban, la ville en fiction : cours d’arabe TerminaleÀ télécharger en PDF et à imprimer gratuitement

Cours d’arabe Terminale : Égypte et Liban : la ville en fiction

📄 Télécharger en PDF et imprimer gratuitement

  • par
Note cette fiche

Ce cours fiction urbaine arabe Terminale traite l’axe 6 « Focale sur l’Égypte et le Liban » à travers trois œuvres qui racontent une grande ville à partir d’un tout petit lieu : un immeuble du Caire, un taxi du Caire et un salon de beauté de Beyrouth. Tu y trouveras un document original, les repères à connaître sur chaque œuvre, le vocabulaire clé et une méthode pour analyser un « microcosme » au niveau B2.

Fiction urbaine arabe Terminale : la ville comme personnage

Le Caire (القَاهِرَةُ) et Beyrouth (بَيْرُوتُ) sont deux grandes capitales culturelles du monde arabe : on y édite des livres, on y tourne des films, on y écrit des chansons depuis plus d’un siècle. Rien d’étonnant à ce que romanciers et cinéastes en aient fait le cœur de leurs récits. Mais une ville de plusieurs millions d’habitants est impossible à raconter tout entière. Beaucoup d’auteurs choisissent donc un lieu restreint où se croisent des personnes très différentes : c’est ce qu’on appelle un microcosme.

Définition

Un microcosme (صُورَةٌ مُصَغَّرَةٌ لِلْمُجْتَمَعِ, « image en miniature de la société ») est un espace limité qui réunit, en petit, les catégories, les conflits et les espoirs d’une société entière. On dit aussi عَالَمٌ صَغِيرٌ, « un petit monde ».

Coupe d’un immeuble du Caire : de petites chambres sur le toit pour les habitants modestes, de grands appartements aux étages pour les familles aisées, et le concierge à l’entrée, avec les mots arabes correspondants
L’immeuble, un microcosme vertical : la hiérarchie sociale se lit de bas en haut.

Le document : un texte original à étudier

Le texte ci-dessous a été écrit pour ce site : ce n’est un extrait d’aucune des œuvres présentées. Comme au baccalauréat, il n’est vocalisé que sur les mots difficiles. Lis-le une première fois en entier pour saisir le sens général, puis une seconde fois avec le tableau de vocabulaire.

المَدِينَةُ في مِرْآةِ الفَنّ: عِمارة وتاكسي وصالون

في الرواية والسينما العربية الحديثة، لا تكون المدينة مُجَرَّدَ خَلْفِيَّةٍ للأحداث، بل تصبح شخصية من الشخصيات. وقد اختار عدد من الكُتّاب والمُخْرِجِين مكانًا صغيرًا واحدًا لِيُصَوِّرُوا من خلاله مجتمعًا كاملًا.

في رواية «عمارة يعقوبيان» التي صدرت سنة 2002، يجمع الكاتب المصري علاء الأسواني سُكّان عِمارة قديمة في وسط القاهرة. يعيش الأغنياء في الشُّقَق الواسعة، ويسكن الفقراء في غُرَف صغيرة على السَّطْح. وهكذا يصبح البناء صورة مُصَغَّرَة للمجتمع بِطَبَقَاتِهِ وأحلامه وخَيْبَاتِهِ. وقد تحوّلت الرواية إلى فيلم سنة 2006.

أمّا كتاب «تاكسي» الذي صدر سنة 2007 لخالد الخميسي، فيتكوّن من حِوَارات قصيرة بين الراوي وسائقي سيارات الأُجْرَة في القاهرة. يتحدّث السائقون عن الزِّحَام والأسعار والعائلة والعمل، فيسمع القارئ أصواتًا كثيرة من الشارع المصري. ويقع الكتاب بين الحكاية والشَّهَادَة، إذ لا نعرف دائمًا أين ينتهي الواقع وأين يبدأ الخيال.

وفي بيروت، تدور أحداث فيلم «سُكَّر بنات» (2007) للمُخْرِجَة اللبنانية نادين لبكي في صالون تَجْمِيل صغير. تلتقي فيه نساء من أعمار مختلفة، يَتَبَادَلْنَ الأسرار والضَّحِكات والهُمُوم. ومن خلال هذا المكان الضَّيِّق، يرسم الفيلم صورة إنسانية دافئة لمدينة مُتَنَوِّعَة.

العمارة والتاكسي والصالون أماكن مَحْدُودَة، لكنها تفتح نوافذ واسعة على المدينة: فيها يلتقي أشخاص لا يجمعهم شيء عادةً، وفيها تظهر الفُرُوق الاجتماعية والأحلام المشتركة.

Traduction : La ville dans le miroir de l’art : un immeuble, un taxi et un salon. Dans le roman et le cinéma arabes modernes, la ville n’est pas un simple décor pour l’action : elle devient un personnage à part entière. Plusieurs écrivains et réalisateurs ont choisi un seul petit lieu pour dépeindre, à travers lui, toute une société. Dans le roman L’Immeuble Yacoubian, paru en 2002, l’écrivain égyptien Alaa al-Aswany réunit les habitants d’un vieil immeuble du centre du Caire. Les riches vivent dans les grands appartements, et les pauvres logent dans de petites chambres sur le toit. Le bâtiment devient ainsi une image en miniature de la société, avec ses classes, ses rêves et ses déceptions. Le roman a été adapté en film en 2006. Quant au livre Taxi, paru en 2007, de Khaled al-Khamissi, il se compose de courts dialogues entre le narrateur et des chauffeurs de taxi du Caire. Les chauffeurs parlent des embouteillages, des prix, de la famille et du travail, et le lecteur entend ainsi de nombreuses voix de la rue égyptienne. Le livre se situe entre le récit et le témoignage, car on ne sait pas toujours où s’arrête la réalité et où commence la fiction. À Beyrouth, le film Caramel (2007) de la réalisatrice libanaise Nadine Labaki se déroule dans un petit salon de beauté. Des femmes d’âges différents s’y retrouvent et échangent secrets, éclats de rire et soucis. À travers ce lieu étroit, le film trace un portrait humain et chaleureux d’une ville plurielle. L’immeuble, le taxi et le salon sont des lieux restreints, mais ils ouvrent de larges fenêtres sur la ville : des personnes que rien ne réunit d’habitude s’y croisent, et les écarts sociaux comme les rêves partagés y apparaissent.

Comprendre le document

  1. Quel rôle la ville joue-t-elle, d’après le premier paragraphe ? Elle n’est pas un simple décor (خَلْفِيَّةٌ) mais un personnage.
  2. Comment l’immeuble du roman reflète-t-il la société ? Les riches occupent les appartements, les pauvres les chambres du toit : les classes sociales s’empilent.
  3. De quoi parlent les chauffeurs de Taxi ? Des embouteillages, des prix, de la famille et du travail.
  4. Pourquoi le livre est-il « entre le récit et le témoignage » ? On ne sait pas toujours où finit le réel et où commence l’invention.
  5. Quel portrait de Beyrouth le film Caramel propose-t-il ? Un portrait humain et chaleureux d’une ville plurielle, vu depuis un salon de beauté.
  6. Quelle idée commune le dernier paragraphe dégage-t-il ? Des lieux étroits ouvrent sur toute la ville : on y voit les écarts sociaux et les rêves partagés.

Trois œuvres, trois microcosmes

Carte mentale : au centre « La ville en fiction », reliée à trois cadres : un immeuble du Caire (roman, 2002), un taxi du Caire (dialogues, 2007) et un salon de beauté de Beyrouth (film, 2007)
L’immeuble, le taxi, le salon : trois façons de faire tenir une ville dans un petit espace.

L’immeuble : L’Immeuble Yacoubian (2002)

Le roman عِمَارَةُ يَعْقُوبْيَان d’Alaa al-Aswany (عَلَاء الأَسْوَانِي), écrivain égyptien né en 1957 et dentiste de profession, paraît en 2002 au Caire. Il connaît un très grand succès dans le monde arabe et il est traduit dans de nombreuses langues, dont le français. Il est adapté au cinéma en 2006. L’action se déroule dans un immeuble ancien du centre-ville du Caire, وَسَطُ البَلَدِ comme on dit en Égypte.

L’intérêt du roman tient à sa structure verticale : les familles aisées habitent les appartements des étages, tandis que des familles modestes vivent dans les petites chambres construites sur le toit (غُرَفُ السَّطْحِ). Le romancier fait alterner les histoires de nombreux personnages qui se croisent dans l’escalier ou la cour : c’est un roman choral, رِوَايَةٌ مُتَعَدِّدَةُ الأَصْوَاتِ (« un roman à plusieurs voix »). L’immeuble devient la maquette d’une société où la richesse et la pauvreté vivent à quelques mètres l’une de l’autre.

Le taxi : Taxi (2007)

Le livre تَاكْسِي de Khaled al-Khamissi (خَالِد الخَمِيسِي) paraît au Caire en 2007 et devient lui aussi un grand succès, traduit en français sous le titre Taxi. Il se présente comme une suite de courtes conversations entre un passager, le narrateur, et des chauffeurs de taxi. Le taxi est un microcosme mobile : il traverse tous les quartiers, et chaque chauffeur apporte son point de vue sur la vie quotidienne, le travail ou la famille. Le narrateur parle en arabe standard, alors que les dialogues reprennent en grande partie l’arabe égyptien parlé, ce qui donne au livre le ton de la rue.

Le salon : Caramel (2007)

Le film Caramel, en arabe سُكَّرُ بَنَاتٍ, est le premier long métrage de Nadine Labaki (نَادِين لَبَكِي), réalisatrice et actrice libanaise née en 1974. Présenté au festival de Cannes en 2007, il se déroule presque entièrement dans un salon de beauté de Beyrouth où se retrouvent plusieurs femmes d’âges et de milieux différents. Le titre désigne la pâte de sucre caramélisé utilisée pour l’épilation. Le film montre Beyrouth non par ses monuments mais par les gestes, les conversations et les petits secrets d’un lieu de quartier.

Culture

En Égypte, عِمَارَةٌ désigne couramment un immeuble d’habitation, et le بَوَّابٌ qui en garde l’entrée est un personnage familier des romans et des films égyptiens. Au Liban comme en Égypte, le salon de coiffure ou de beauté est un lieu de sociabilité de quartier, comme le café peut l’être ailleurs.

Le vocabulaire de la ville et de l’analyse

Voici les mots clés de l’axe, vocalisés pour que tu puisses les lire et les prononcer correctement. Les pluriels irréguliers sont indiqués après ج (abréviation de جَمْعٌ, « pluriel »).

Arabe Français
عِمَارَةٌ (ج عِمَارَاتٌ) un immeuble (en Égypte) ; aussi « l’architecture »
شَقَّةٌ (ج شُقَقٌ) un appartement
غُرْفَةٌ (ج غُرَفٌ) une pièce, une chambre
سَطْحٌ le toit, la terrasse d’un immeuble
بَوَّابٌ le concierge, le gardien d’immeuble
سَاكِنٌ (ج سُكَّانٌ) un habitant
جَارٌ (ج جِيرَانٌ) un voisin
حَيٌّ (ج أَحْيَاءٌ) un quartier
وَسَطُ المَدِينَةِ le centre-ville
سَيَّارَةُ أُجْرَةٍ un taxi (mot à mot « voiture de location »)
سَائِقٌ (ج سَائِقُونَ) un chauffeur
رَاكِبٌ (ج رُكَّابٌ) un passager
زِحَامٌ la foule, l’embouteillage
حِوَارٌ (ج حِوَارَاتٌ) un dialogue
الرَّاوِي le narrateur
شَخْصِيَّةٌ un personnage
رِوَايَةٌ un roman
مُخْرِجٌ / مُخْرِجَةٌ un réalisateur / une réalisatrice
صَالُونُ تَجْمِيلٍ un salon de beauté
طَبَقَةٌ اجْتِمَاعِيَّةٌ une classe sociale
فَقْرٌ la pauvreté
ثَرْوَةٌ la richesse, la fortune
فَرْقٌ (ج فُرُوقٌ) une différence, un écart
صُورَةٌ مُصَغَّرَةٌ une image en miniature, un microcosme
خَلْفِيَّةٌ l’arrière-plan, le décor
حُلْمٌ (ج أَحْلَامٌ) un rêve
هَمٌّ (ج هُمُومٌ) un souci
صَوَّرَ – يُصَوِّرُ représenter, dépeindre ; filmer

Règle

Pour présenter une œuvre en arabe, quelques tournures reviennent sans cesse :

  • صَدَرَتِ الرِّوَايَةُ سَنَةَ ٢٠٠٢. : le roman est paru en 2002 (verbe au féminin, car رِوَايَةٌ est féminin).
  • تَدُورُ أَحْدَاثُ الفِيلْمِ فِي بَيْرُوتَ. : l’action du film se déroule à Beyrouth.
  • تُصَوِّرُ الرِّوَايَةُ المُجْتَمَعَ المِصْرِيَّ. : le roman dépeint la société égyptienne.
  • يُعَدُّ هَذَا المَكَانُ صُورَةً مُصَغَّرَةً لِلْمَدِينَةِ. : ce lieu est considéré comme une image en miniature de la ville.

Règle

Un pluriel qui désigne des choses s’accorde au féminin singulier : غُرَفٌ صَغِيرَةٌ (de petites chambres), الشُّقَقُ وَاسِعَةٌ (les appartements sont grands). Un pluriel qui désigne des femmes appelle le verbe au féminin pluriel quand il le suit : النِّسَاءُ يَتَبَادَلْنَ الأَسْرَارَ (les femmes échangent des secrets).

Attention

  • Ces œuvres sont des fictions : les personnages sont inventés, même si les lieux sont réels. On n’écrit pas « les habitants de l’immeuble ont vécu ceci » comme s’il s’agissait d’un fait historique.
  • عِمَارَةٌ a deux sens : « immeuble » (usage égyptien très courant) et « architecture ». Le contexte tranche.
  • Ne confonds pas طَبَقَةٌ (une couche, une classe sociale) et طَابِقٌ (un étage).
  • Les dialogues en arabe égyptien de Taxi ne sont pas des modèles d’arabe standard : dans tes rédactions, écris toujours en arabe standard moderne.

Analyser un microcosme : méthode et sujet d’expression

Méthode

  1. Situer l’œuvre : genre, auteur, date, ville (رِوَايَةٌ، فِيلْمٌ، حِوَارَاتٌ).
  2. Décrire le lieu : sa forme (vertical, mobile, fermé), qui y entre, qui y reste.
  3. Repérer les écarts : richesse et pauvreté, âges, hommes et femmes, quartiers.
  4. Montrer ce que le lieu révèle de la ville entière : يَعْكِسُ المَكَانُ… (le lieu reflète…).
  5. Conclure sur le rapport entre fiction et réalité : des personnages inventés dans des lieux vrais.

Sujet d’expression écrite (150 mots environ, en arabe) : هَلْ يُمْكِنُ لِمَكَانٍ صَغِيرٍ أَنْ يَحْكِيَ مَدِينَةً كَامِلَةً؟ (Un petit lieu peut-il raconter une ville entière ?) Consigne : s’appuyer sur au moins deux des trois œuvres, puis proposer un lieu de sa propre ville (un bus, un marché, une cour d’immeuble) qui pourrait jouer ce rôle.

À retenir

  • L’Immeuble Yacoubian (عِمَارَةُ يَعْقُوبْيَان), roman d’Alaa al-Aswany, 2002, Le Caire : un microcosme vertical, film en 2006.
  • Taxi (تَاكْسِي), de Khaled al-Khamissi, 2007, Le Caire : un microcosme mobile fait de dialogues.
  • Caramel (سُكَّرُ بَنَاتٍ), film de Nadine Labaki, 2007, Beyrouth : un salon de beauté comme lieu de parole.
  • Vocabulaire clé : صُورَةٌ مُصَغَّرَةٌ، طَبَقَةٌ اجْتِمَاعِيَّةٌ، سُكَّانٌ، سَائِقٌ، رَاكِبٌ، خَلْفِيَّةٌ.
  • Pluriel de choses = accord au féminin singulier ; femmes = verbe au féminin pluriel.

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur la ville en fiction, puis vérifie tes connaissances avec le QCM sur la ville en fiction. Pour un autre romancier du Caire, revois le cours sur Naguib Mahfouz.

Cours « Égypte et Liban, la ville en fiction  » en PDF

Télécharger en PDF et imprimer gratuitement

Retrouve ce cours dans un PDF propre, gratuit et prêt à imprimer pour la classe ou la maison.

Télécharger le PDF