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Identités et échanges : cours d’arabe 1re

Cours d’arabe 1re : Identités et échanges
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Ce cours sur les identités et échanges 1re part d’une question simple : peut-on appartenir à plusieurs cultures à la fois ? Avec un document original, tu découvres l’Institut du monde arabe, les mots que le français et l’arabe se sont empruntés, et le lexique de l’identité : هُوِيَّةٌ, اِنْتِمَاءٌ, تَبَادُلٌ.

Identités et échanges 1re : découvrir un document

Le texte suivant a été écrit pour ce cours ; Lina est un personnage imaginé. Comme un document du baccalauréat, il n’est que partiellement vocalisé : seuls les mots difficiles et les mots clés portent leurs voyelles. Lis-le d’abord pour le sens général, puis une seconde fois en repérant le vocabulaire de l’identité.

هُوِيَّاتٌ مُتَعَدِّدَةٌ

وُلِدَتْ لينا في مدينة ليون لِأَبٍ مغربي وأمّ فرنسية. تتكلم الفرنسية في الثانوية، والعربية مع جدّتها، وتفهم قليلا من الدَّارِجَةِ المغربية. تقول: «عندما يسألني أحد: من أين أنتِ؟ لا أعرف بماذا أجيب، لأنني أشعر بِالانْتِمَاءِ إلى بلدين في آنٍ واحد.»

في عطلة الربيع، زارت لينا مع صفّها مَعْهَدَ العَالَمِ العَرَبِيِّ في باريس. أُسِّسَ هذا المعهد بالتعاون بين فرنسا ودول عربية ليعرّف الجمهور الأوروبي بالثقافة العربية، وافْتُتِحَ مبناه على ضِفَّةِ نهر السين سنة 1987. واجهته الجنوبية مغطّاة بألواح معدنية تذكّر بِالمَشْرَبِيَّاتِ التقليدية، وفيها فتحات صُمِّمَتْ لتنفتح وتنغلق حسب ضوء الشمس.

في المتحف، رأت لينا أدوات علمية قديمة مثل الأَسْطُرْلَابِ، ومَخْطُوطَاتٍ جميلة. وفي ورشة لغوية، اكتشفت أن الفرنسية أخذت من العربية كلمات كثيرة، مثل السُّكَّرِ والقُطْنِ والصِّفْرِ، وأن العربية أخذت بدورها من الفرنسية كلمات مثل السِّينِمَا والمِتْرِ.

بعد الزيارة، كتبت لينا في دفترها: «لم أعد أرى هُوِيَّتِي صندوقا مغلقا، بل جِسْرًا بين ضفّتين. فالتَّبَادُلُ بين الثقافتين ليس جديدا: إنه موجود منذ قرون، في الكلمات التي نقولها كل يوم.»

Traduction : Des identités multiples. Lina est née à Lyon d’un père marocain et d’une mère française. Elle parle français au lycée, arabe avec sa grand-mère, et comprend un peu de dialecte marocain. Elle dit : « Quand quelqu’un me demande d’où je viens, je ne sais pas quoi répondre, parce que je me sens appartenir à deux pays à la fois. » Pendant les vacances de printemps, Lina a visité avec sa classe l’Institut du monde arabe à Paris. Cet institut a été créé grâce à une coopération entre la France et des pays arabes, pour faire connaître la culture arabe au public européen ; son bâtiment a été inauguré au bord de la Seine en 1987. Sa façade sud est couverte de panneaux métalliques qui rappellent les moucharabiehs traditionnels, avec des ouvertures conçues pour s’ouvrir et se fermer selon la lumière du soleil. Au musée, Lina a vu d’anciens instruments scientifiques, comme l’astrolabe, et de beaux manuscrits. Dans un atelier sur la langue, elle a découvert que le français a pris beaucoup de mots à l’arabe, comme sucre, coton et zéro, et que l’arabe a pris à son tour au français des mots comme cinéma et mètre. Après la visite, Lina a écrit dans son carnet : « Je ne vois plus mon identité comme une boîte fermée, mais comme un pont entre deux rives. L’échange entre les deux cultures n’est pas nouveau : il existe depuis des siècles, dans les mots que nous disons chaque jour. »

Dessin simplifié de la façade sud de l'Institut du monde arabe : une grille de panneaux carrés, chacun avec un diaphragme circulaire, au-dessus des vagues de la Seine ; un panneau est entouré en rouge et légendé mashrabiyya
La façade de l’Institut du monde arabe et ses diaphragmes inspirés des moucharabiehs.

Questions de compréhension

  1. Présenter Lina : lieu de naissance, origine de ses parents, langues parlées.
  2. Expliquer pourquoi la question « d’où viens-tu ? » l’embarrasse.
  3. Relever deux informations sur l’Institut du monde arabe (date, lieu, mission).
  4. Décrire la façade sud du bâtiment.
  5. Citer deux mots passés de l’arabe au français et deux mots passés du français à l’arabe.
  6. Expliquer l’image du « pont entre deux rives » à la fin du texte.

Pistes de réponse : née à Lyon, père marocain, mère française, elle parle français, arabe et comprend le dialecte marocain ; elle se sent appartenir à deux pays ; inauguré en 1987 à Paris, au bord de la Seine, pour faire connaître la culture arabe ; panneaux métalliques inspirés des moucharabiehs, qui s’ouvrent selon la lumière ; sucre, coton, zéro / cinéma, mètre ; l’identité relie deux cultures au lieu de les séparer.

Le vocabulaire de l’identité et de l’échange

Ces mots reviennent dans tous les documents sur l’axe « Identités et échanges ». Apprends les noms avec leur pluriel et les verbes avec leur préposition.

Arabe Français
هُوِيَّةٌ (pl. هُوِيَّاتٌ) l’identité
اِنْتِمَاءٌ (إِلَى) l’appartenance (à)
اِنْتَمَى / يَنْتَمِي إِلَى appartenir à
تَبَادُلٌ l’échange
تَبَادَلَ / يَتَبَادَلُ échanger
أَصْلٌ (pl. أُصُولٌ) l’origine
مِنْ أَصْلٍ مَغْرِبِيٍّ d’origine marocaine
جَالِيَةٌ (pl. جَالِيَاتٌ) communauté installée à l’étranger, diaspora
مُهَاجِرٌ (pl. مُهَاجِرُونَ) émigré, immigré
الجِيلُ الثَّانِي la deuxième génération
ثَقَافَةٌ (pl. ثَقَافَاتٌ) la culture
مُتَعَدِّدٌ multiple
ثُنَائِيُّ اللُّغَةِ bilingue
اللُّغَةُ الأُمُّ la langue maternelle
الدَّارِجَةُ le dialecte (au Maghreb)
الاقْتِرَاضُ اللُّغَوِيُّ l’emprunt linguistique
كَلِمَةٌ دَخِيلَةٌ mot emprunté
اِسْتَعَارَ / يَسْتَعِيرُ emprunter
مَعْهَدٌ (pl. مَعَاهِدُ) institut
مَعْهَدُ العَالَمِ العَرَبِيِّ l’Institut du monde arabe
مَتْحَفٌ (pl. مَتَاحِفُ) musée
مَعْرِضٌ (pl. مَعَارِضُ) exposition
مَشْرَبِيَّةٌ (pl. مَشْرَبِيَّاتٌ) moucharabieh
وَاجِهَةٌ façade
مَخْطُوطٌ (pl. مَخْطُوطَاتٌ) manuscrit
جِسْرٌ (pl. جُسُورٌ) pont
ضِفَّةٌ (pl. ضِفَافٌ) rive
تَعَايُشٌ coexistence, vivre-ensemble

Définition

الهُوِيَّةُ (l’identité) est ce qui fait qu’une personne se reconnaît comme elle-même : sa langue, son histoire, ses appartenances. Le mot est formé sur le pronom هُوَ (lui) : l’identité, c’est littéralement « le fait d’être soi ». الانْتِمَاءُ est le sentiment de faire partie d’un groupe ; il se construit avec إِلَى : الانْتِمَاءُ إِلَى ثَقَافَتَيْنِ (l’appartenance à deux cultures).

Dire son appartenance : l’adjectif de relation

Pour dire d’où l’on vient, l’arabe forme un adjectif de relation, النِّسْبَةُ, à partir du nom du pays.

Règle

On retire l’article الـ et le ا ou la ة finale, puis on ajoute ـِيٌّ au masculin et ـِيَّةٌ au féminin. Au pluriel, pour des personnes : ـِيُّونَ / ـِيَّاتٌ ; pour des choses, l’adjectif se met au féminin singulier. Dans مِنْ أَصْلٍ…, l’adjectif s’accorde avec أَصْلٍ : il est donc au génitif masculin.

Pays Masculin Féminin Pluriel (personnes)
فَرَنْسَا فَرَنْسِيٌّ فَرَنْسِيَّةٌ فَرَنْسِيُّونَ
المَغْرِبُ مَغْرِبِيٌّ مَغْرِبِيَّةٌ مَغْرِبِيُّونَ
الجَزَائِرُ جَزَائِرِيٌّ جَزَائِرِيَّةٌ جَزَائِرِيُّونَ
لُبْنَانُ لُبْنَانِيٌّ لُبْنَانِيَّةٌ لُبْنَانِيُّونَ
أُورُوبَّا أُورُوبِّيٌّ أُورُوبِّيَّةٌ أُورُوبِّيُّونَ

Exemple

أَنَا فَرَنْسِيَّةٌ مِنْ أَصْلٍ مَغْرِبِيٍّ.

Je suis française d’origine marocaine.

أَشْعُرُ بِالانْتِمَاءِ إِلَى ثَقَافَتَيْنِ فِي آنٍ وَاحِدٍ.

Je me sens appartenir à deux cultures à la fois.

لَا أَتَكَلَّمُ الفَرَنْسِيَّةَ فَحَسْبُ، بَلِ العَرَبِيَّةَ أَيْضًا.

Je ne parle pas seulement français, mais aussi arabe.

يَنْتَمِي كَرِيمٌ إِلَى الجِيلِ الثَّانِي مِنَ المُهَاجِرِينَ.

Karim appartient à la deuxième génération d’immigrés.

تَعِيشُ فِي فَرَنْسَا جَالِيَاتٌ عَرَبِيَّةٌ كَثِيرَةٌ.

De nombreuses communautés arabes vivent en France (pluriel de choses : adjectif au féminin singulier).

Des mots qui voyagent : les emprunts croisés

Pendant des siècles, le commerce, les traductions savantes et les voyages ont fait passer des mots d’une langue à l’autre. Beaucoup de mots français viennent de l’arabe, parfois par l’intermédiaire de l’espagnol, de l’italien ou du turc ; à l’inverse, l’arabe moderne a emprunté au français des mots de la vie technique et culturelle.

Mot français Mot arabe d’origine Sens en arabe
sucre سُكَّرٌ sucre
coton قُطْنٌ coton
chiffre, zéro صِفْرٌ vide, zéro
algèbre الجَبْرُ la réduction, la restauration
magasin مَخْزَنٌ (pl. مَخَازِنُ) entrepôt
douane دِيوَانٌ registre, administration
jupe جُبَّةٌ longue tunique
amiral أَمِيرٌ prince, chef
sirop شَرَابٌ boisson
café (par le turc) قَهْوَةٌ café

Dans l’autre sens, l’arabe standard emploie السِّينِمَا (le cinéma), المِتْرُ (le mètre) ou البَنْطَلُونُ (le pantalon). Les dialectes du Maghreb en utilisent bien davantage, par exemple « tomobil » pour la voiture : ce sont des mots dialectaux, à reconnaître mais à ne pas employer dans un devoir en arabe standard, qui dit السَّيَّارَةُ.

Deux colonnes, français à gauche et arabe à droite : des flèches orange vont de sukkar, quṭn, ṣifr et makhzan vers sucre, coton, chiffre et magasin ; des flèches vertes vont de cinéma et mètre vers sīnimā et mitr
Les emprunts croisés entre l’arabe et le français.

Attention

Toutes les ressemblances ne sont pas des emprunts : ne fabrique pas d’étymologies au hasard, appuie-toi sur des exemples établis comme ceux du tableau. Attention aussi à l’orthographe : اِنْتِمَاءٌ s’écrit avec une hamza sur la ligne après le alif, et هُوِيَّةٌ avec une chadda sur le yāʾ. Enfin, الانْتِمَاءُ se construit avec إِلَى, jamais avec فِي.

Culture

L’Institut du monde arabe a été créé à Paris par la France et des pays arabes pour faire connaître la langue et les cultures du monde arabe. Son bâtiment, inauguré en 1987 au bord de la Seine, abrite un musée, une bibliothèque, des salles d’exposition et un centre de langue. Sa façade sud reprend, en métal et en verre, le principe du moucharabieh : filtrer la lumière tout en laissant voir l’extérieur.

S’exprimer sur l’identité : sujet d’expression écrite

Méthode

  1. Annoncer le sujet par une question : هَلْ يُمْكِنُ أَنْ نَنْتَمِيَ إِلَى ثَقَافَتَيْنِ؟ (Peut-on appartenir à deux cultures ?).
  2. Développer deux idées avec مِنْ جِهَةٍ… / وَمِنْ جِهَةٍ أُخْرَى… (d’une part… d’autre part).
  3. Donner un exemple précis : une langue, un mot emprunté, une visite, un plat.
  4. Conclure avec فِي الخِتَامِ (pour conclure) et une image personnelle.

Sujet : rédiger en arabe un texte de 120 à 150 mots répondant à la question « Peut-on appartenir à plusieurs cultures à la fois ? ». S’appuyer sur le document et sur un exemple personnel ou imaginé, employer au moins cinq mots du tableau et une construction لَا… فَحَسْبُ، بَلْ… أَيْضًا.

À retenir

  • هُوِيَّةٌ (identité), اِنْتِمَاءٌ إِلَى (appartenance à), تَبَادُلٌ (échange) : les trois mots clés de l’axe.
  • L’Institut du monde arabe : Paris, bord de la Seine, bâtiment inauguré en 1987, façade inspirée des moucharabiehs.
  • Emprunts : sucre, coton, zéro, magasin viennent de l’arabe ; سِينِمَا et مِتْرٌ viennent du français.
  • Nisba : مَغْرِبِيٌّ / مَغْرِبِيَّةٌ ; مِنْ أَصْلٍ مَغْرِبِيٍّ (accord avec أَصْلٍ).

Pour aller plus loin

Entraîne-toi avec les exercices sur les identités et les échanges, puis teste-toi avec le QCM du chapitre. Pour voir comment les savoirs ont circulé entre les deux rives de la Méditerranée, lis aussi le cours sur al-Andalus.

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